Caroline Biologique

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| Sujet: Projet ITER et débat public en PACA Mar 14 Fév 2006, 5:45 pm | |
| L'installation du réacteur expérimental de fusion thermonucléaire ITER à Cadarache dans les Bouches-du-Rhône progresse alors que le débat public organisé sur ce thème révèle de fortes oppositions.
Selon, ITER Organisation, « l'objectif du projet ITER est de démontrer la possibilité scientifique et technologique de la production d'énergie par la fusion des atomes ». « La fusion est la source d'énergie du soleil et des autres étoiles. Pour obtenir une réaction de fusion, il faut rapprocher suffisamment deux noyaux qui, puisqu'ils sont tous deux chargés positivement, se repoussent. Une certaine énergie est donc indispensable pour franchir cette barrière et arriver dans la zone, très proche du noyau, où se manifestent les forces nucléaires capables de l'emporter sur la répulsion électrostatique.
La réaction de fusion la plus accessible est la réaction impliquant le deutérium et le tritium (isotopes de l'hydrogène). C'est sur cette réaction que se concentrent les recherches concernant la fusion contrôlée ». « L'énergie de fusion représente l'espoir d'avoir une source d'énergie propre et abondante au cours du XXIe siècle. A l'heure où la raréfaction des énergies fossiles est prévue d'ici 50 ans, il est d'une importance vitale d'explorer le potentiel de toutes les autres sources d'énergie. Avec 300 litres d'eau de mer, on pourrait fournir 1 gramme de deutérium. C'est-à-dire que l'eau des océans permettrait, à elle seule, de subvenir aux besoins mondiaux de l'humanité pendant, environ, un milliard d'années ».
Le site de Cadarache a été retenu pour cette expérience car selon, François d’Aubert, Ministre délégué à la Recherche, à Cadarache « il y a une expérience du montage d’un grand projet de ce genre. Il y a un savoir-faire, il y a un environnement qui est très favorable ». Cadarache prépare actuellement l’accueil de ce nouveau réacteur. Pour le préfet de région PACA, « 2006 sera une année de procédures et de lancement de deux chantiers urgents, l’aménagement routier et l’école internationale ». Ainsi, un itinéraire à très grand gabarit entre Berre et Cadarache sera réalisé par Scetauroute. Une école internationale, à Manosque (Alpes de Haute Provence) formera en 8 langues 1.400 élèves. La région entend aussi investir dans la construction de 3.000 logements. L’Union patronale régionale et les Chambres de commerce et d’industrie préparent un nouveau tissu industriel régional. Ce projet devrait rapporter à la région environ 235 millions d’euros et créer 3.000 emplois, sur 30 ans.
Le parti écologiste français s’oppose fermement à ce projet. Selon leur communiqué : « Les risques que l’énergie nucléaire fait peser sur la planète et la santé de ses habitants, tant lors de sa production que lors des millénaires où les générations futures devront gérer des déchets radioactifs sont maintenant largement connus. Et pourtant, le gouvernement français se félicite d’accueillir le projet ITER qui va assécher les crédits de recherche en matière énergétique et en particulier ceux qui pourraient nous permettre de travailler à l’amélioration de la production d’énergie renouvelable et relance le programme électro nucléaire avec l’EPR. Les verts réaffirment leur opposition à tout nouveau projet de développement de l’énergie nucléaire et, demandent qu’un plan de sortie du nucléaire soit mis en œuvre ».
L'ancienne ministre de l'Environnement, Dominique Voynet, a réaffirmé son opposition à ITER lors d’un récent colloque organisé par les Verts. Elle qualifie ce projet comme "inadapté et beaucoup trop cher". Selon elle : " ITER, je n'en pense pas du bien, j'y suis hostile. Les Verts continuent à alerter sur le caractère totalement non opérationnel d' ITER par rapport aux enjeux de l'heure que sont la crise énergétique et pétrolière, la menace de changement climatique et l'augmentation de la demande d'énergie dans les pays en voie de développement ». « ITER existe, la décision a été prise, mais l'histoire est pleine de ces projets lancés et interrompus avant que des choses irréparables soient faites", a-t-elle ajouté. "A quoi nous sert cet énorme investissement qui arrivera trop tard, qui est tellement incertain, tellement cher et si peu riche en emploi ?", s'est interrogée l'ancienne ministre de l'environnement. Selon Corinne Lepage, présidente de Cap 21 et également ancienne ministre de l'Environnement, "on nous prend de façon constante pour des imbéciles en refusant de discuter. Sur un sujet qui engage tellement l'avenir, on n'est pas capable d'organiser le début d'un débat démocratique".
Le parti écologiste concentre désormais son combat sur le développement des énergies renouvelables. Un accord passé avec le conseil régional prévoit que pour un euro dépensé pour ITER, un euro le soit pour les énergies renouvelables. La participation de la région à Iter s’élevant à 152 millions d’euros, les Verts tablent sur une même enveloppe. Mais cette réciprocité ne pourrait être acceptée par le président de l’exécutif régional, Michel Vauzelle ( PS), que pour les 70 millions alloués au réacteur ITER lui- même.
Des membres du collectif "Sortir du nucléaire" ont provoqué l’annulation de la première réunion organisée à l'Université Paul Cézanne, Aix-en-Provence, sur ce thème. Ils demandaient l'annulation de la décision d'implanter ITER, prise en juin 2005, et réclamaient qu'un vrai débat public puisse avoir lieu sur la question avant une telle décision. Kaname Ikeda, directeur général de l’organisation internationale ITER, François d’Aubert, ambassadeur, haut représentant français du projet ITER, Bernard Bigot, haut commissaire à l’énergie atomique, Didier Gambier, chef d’unité DG Recherche qui participaient à cette première réunion sont donc repartis sans avoir pu présenter le projet ou répondre aux questions.
De plus, un sondage européen sur les questions énergétiques réalisé et publié en janvier 2006 par la commission européenne indique que seuls 12 % de la population européenne et 8 % de la population française sont favorables à ce que le développement de l’énergie nucléaire soit utilisé comme moyen de réduire notre dépendance vis à vis des sources d’énergies importées et qu’ils sont dans le même moment 48 % par exemple à souhaiter le développement de l’énergie solaire. |
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