violette Admin des admins


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| Sujet: Bio, tout n'est pas si beau ! Dim 30 Avr 2006, 12:04 pm | |
| J'ai trouvé cet article intéressant sur le magazine Belle santé de novembre 2003, alors je vous le fais partager !
Armelle, une lectrice de Savennay nous écrit : "Depuis longtemps, je suis scandalisée par l'attitudes des gouvernements qui accordent aux agriculteurs des subventions pour combler des déficits dus, souvent, à une production nuisible pour notre santé. Dans le même temps, des agriculteurs et apiculteurs "rament" pour se conformer à un cahier des charges bio et nous fournir des produits plus sains, de meilleure qualité, de meilleur goût. Alors, pourquoi les aides ne sont-elles pas destinées à ces agriculteurs bio ?
Le logo AB est propriété du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche. Les produits sont certifiés par l'un des 6 organismes suivants : Ecocert, Qualité France, Ulase, Agrocert, Certipaq et Aclave. Les contrôles sont annuels et inopinés. Les produits Bio sont élaborés selon un cahier des charges strict, interdisant tous les phytosanitaires chimiques. Sont aussi interdits les additifs artificiels (conservateurs, colorants, etc...)
A la fin 2002 la bio en France a passé la barre des 500 000 hectares de terre cultivées, progressant de 21% en un an. Le nombre d'exploitations a progressé de 8%. C'est le secteur bovin qui profite le plus de ce "dynamisme". Si l'on approche ces chiffres des espoirs d'il y a 10 ans, ou bien au reste de la production, on peut faire la grimace. En 1997, le Plan Pluriannuel de Développement de l'Agriculture Biologique avait prévu 1 million d'hectares bio fin 2002. Nous n'en sommes qu'à la moitié, ce qui correspond à 1,4% de la surface cultivée en France. Pionnière de la bio, il y a dix ans, la France se situe désormais au 25ème rang mondial.
Si la consommation du bio progresse plus vite que la production, d'où viennent les céréales, les fruits, les légumes, les huiles, les noisettes et tous ces ingrédients qui servent aux produits bio finis (confitures, biscottes, plats cuisinés etc...) De France certes, surtout pour les produits vendus en grandes surfaces et les produits de transformation. L'Autriche consacre 11% de ses terres cultivables à la Bio, l'Italie 8% et la Grande Bretagne 4%. Or, les cahiers des charges ne sont pas les mêmes d'un pays à l'autre et il est parfois difficile de contrôler des produits qui ont passé plusieurs frontières. Le problème vient aussi de la distribution. Les hypermarchés appliquent aux grossistes de la bio les mêmes règles de négociation que pour l'agro-alimentaire classique : ils compriment les marges des producteurs pour augmenter les leurs. Et quand les acheteurs des hypermarchés ne peuvent obtenir les marges désirées auprès des producteurs français, ils importent. Les multinationales de l'agro-alimentaire ont très vite compris le mécanisme : il leur suffit de vendre leurs produits - souvent de provenance européenne - avec la fameuse étiquette verte.
Alors que des études très sérieuses sont menées en Allemagne et dans d'autres pays d'Europe, la France débloque 0,00 euro aux recherches dans la bio. Les méthodes et connaissances actuelles proviennent souvent de l'étranger ou ont été développées par des initiatives privées. Ainsi, les producteurs de l'agriculture biodynamique (une branche très rigoureuse de l'agriculture biologique) comparent, sur des parcelles voisines, des légumes cultivés selon plusieurs méthodes : des mesures et des photos sont prises car les résultats sont parfois étonnants. L'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) se désintéresse de ce type de recherche pour se concentrer sur les OGM et autres sujets à la mode. C'est ainsi qu'en 2003 deux programmes de recherches sur la Bio on été suspendus par l'INRA : la lutte biologique en arboriculture et l'alimentation azotée des plantes.
Depuis des années, les minitres successifs sont alertés par les députes, les associations et mêmes leurs propres services. Mais les subventions ne sont destinées qu'aux pollueurs. Parce que les fabricants d'engrais et d'insecticides (bien souvent les mêmes qui fabriquent les médicaments) font pression toute comme les grands propriétaires terriens. Des centaines d'hectares cultivés à coups de phytosanitaires demandent moins de main d'oeuvre et sont plus productifs que s'ils étaient cultivés en bio. De plus, les céréaliers reçoivent des subventions à l'exportation pour pouvoir casser les prix. Un jeune député, Martial Saddier, a récemment remis un rapport au Ministre de l'Agriculture. A notre avis, son dossier subira le même classement que les précédentes propositions : la corbeille à papiers.
7 français sur 10 ont consommé au moins un produits bio dans les 12 derniers mois. Parmi les raisons de leurs choix, la préservation de la santé (65%) passe avant celle de l'environnement (30%). C'est une minorité de fidèles à la bio (17%) qui consomme la majorité du marché (87%).
Si la bio progresse, c'est parce qu'elle trouve des acheteurs. Mais il ne faudrait pas que, par paresse, le réfléxe de méfiance du consommateur soit oublié. Entre une marque bio et une marque non bio, le choix est vite fait. Mais entre deux marques bio, on peut affiner ce choix : un produit d'origine déterminée, une fabrication artisannale, la rencontre avec le producteur sont d'autres critères à prendre en compte. Mieux vaut soutenir un producteur indépendant (huiles, fruits secs, confitures, etc...) qu'une multinationale, même si l'un et l'autre ont le droit d'apposer le logo AB. Finalement, c'est simple, retrouvons notre reflexe de consommateur : recherchons avant tout la qualité...
"La difficulté de se mettre au bio"
Une lectrice, agricultrice en Bretagne, s'est plainte de notre parti pris contre les agriculteurs. Nous avions écrit : "Normalement chaque produits phytosanitaire doit être épandu selon une concentration maximale à l'hectare. Mais voilà, certains pensent que ce n'est pas assez. Alors ils en mettent de plusieurs sortes et font eux mêmes les mélanges. Normalement, un décrêt devrait interdire ces cocktails (association d'insecticides et de fongicides notamment.) Mais le décret est passé à la trappe : le lobby des chimistes et celui des agriculteurs ont réussi à ce que la nouvelle réglementation parue au journal officiel ne réglemente rien du tout" Nous ne faisons que relater la plus stricte vérité. Et d'ailleurs, qui paye le prix fort de cette pollution incontrôlée ? Les agriculteurs eux mêmes et leurs enfants : plus que les autres, ils sont victimes de cancers et leurs enfants de malformations. Alors qu'attendent-ils pour se mettre à la bio ? Il faut changer les habitudes, trouver de nouveaux débouchés (alors que c'est si facile d'écouler une production par le biais des coopératives)...et accepter de ne pas recevoir des subventions. Finalement, se mettre à la bio, c'est assez risqué. Une autre lectrice (de Bretagne aussi) nous l'a confirmé : elle avait tenté une reconversion dans la production de lait bio. Mais la société qui faisait le ramassage et le conditionnement a accepté les conditions fixées par la grande distribution (hypermarchés). Au producteurs, le lait bio était alors acheté pratiquement au même prix que le lait classique. Financièrement, ce n'était plus tenable et notre lectrice a dû se résoudre à revenir à une agriculture intensive.
Jean Luc Lome pour le magazine "Belle santé" _________________
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Mad Bio-modérateur


Inscrit le : 01 Nov 2005 Messages : 1103 Localisation : près de Lyon
| Sujet: Re: Bio, tout n'est pas si beau ! Dim 30 Avr 2006, 2:07 pm | |
| rhâââ la la, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué hein!  _________________ Z'avez pas vu ma tartiflette? Mais où se cache-t-elle à la fin? 
sauf les n'araignées... |
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